L’ Adoration du Saint Sacrement

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.

Jn 4, 23

Rencontre avec le Seigneur : de cœur à cœur

L’adoration n’est pas une technique relative à chaque discipline mais elle est un mouvement du cœur, un acte d’amour qui exprime une rencontre entre l’adorateur et l’Adoré. Cette relation d’amour entre les deux met en place un dynamisme qui est nourri par le désir de rencontrer et de contempler en l’Esprit et en vérité le Seigneur. Il résulte de cette contemplation un mouvement de cœur à cœur, un temps de vérité non sur le Seigneur mais sur le sujet qui adore. En s’approchant du Seigneur par l’acte d’adoration, ce dernier éclaire et illumine sa vie de l’intérieur vers l’extérieur ou de l’extérieur vers l’intérieure, puis de l’extérieur vers le Supérieur. Le récit de Zachée – Lc 19,1-10 – illustre notre explication sur la signification profonde de l’adoration.

L’adoration ou le temps d’adoration est un temps d’oraison où l’âme
s’expose au Seigneur en allant à sa rencontre. Il reçoit en retour du Seigneur la nourriture spirituelle qui apaise, fortifie et enflamme son âme du désir de la sainteté. L’exemple de Zachée est frappant : lui qui pense aller à la rencontre du Seigneur se laisse interpeler par Lui, le premier :

« Zachée, descends car, aujourd’hui, je veux demeurer chez toi ».

Ce fut pour Zachée le début de l’irruption de la grâce dans le temps et l’espace où il vivait. Cette rencontre fut décisive pour Zachée car il suscite chez lui une conversion radicale. Le Seigneur l’accueille en posant sur lui un regard de miséricorde et non de jugement.

Zachée accueille le Seigneur dans sa maison avec un cœur de joie et de reconnaissance. De cette rencontre résulte un nouveau départ pour lui. Cet exemple illustre notre propos et nous permet de considérer le temps d’adoration comme un temps de grâce, de retrouvaille et de communion intense entre l’adorateur et l’Adoré et de conversion. Ceci explique la relation d’inhabitation réciproque : c’est-à-dire que le Seigneur vient demeurer en lui et lui dans le Seigneur. Le temps d’adoration n’est pas un temps perdu, il ouvre et conduit l’âme à une finalité : les épousailles entre l’Adoré et l’adorateur. Ceci explique l’attitude de la Samaritaine, en Jn 4, 7-21, qui n’a plus soif de boire de l’eau parce qu’elle a rencontré son Seigneur. Sa soif est étanchée et ses blessures sont guéries. Le temps d’adoration va encore plus loin : dans cet élan, le Seigneur vient guérir les blessures de l’adorateur et ceci se produit par l’anesthésie spirituelle.

Qu’entend-on par anesthésie spirituelle ?

Elle est possible si et seulement si l’âme entre dans un processus d’abandon sous la conduite de l’Esprit Saint. Dans ce cas, l’adorateur qui entre dans ce processus ne se possède plus, Ceci rend possible l’anesthésie spirituelle où les blessures inhérentes à l’âme peuvent être guéries. Le temps d’adoration est donc un temps de grâce pour tous.

Elle est une puissance d’amour que chaque « Veilleurs de la Cité » est appelé à découvrir. Le désir de la sainteté qui habite le cœur de chaque personne pieuse et qui est une invitation de la part du Seigneur adressée à tous, est fortifié et promu, grâce à l’acte d’adoration, durant le temps d’adoration, qui est le prolongement de l’Eucharistie source et sommet de la vie chrétienne.